Annexe 4 – UN AVANCHERAIN HORS
DU COMMUN :
LE
PÈRE CAPUCIN LÉON REY-GOLLIET ( 1825 – 1879 ).
4.1. MICHEL, FILS
DE JEAN-PIERRE, DEVIENT
LÉON, LE CAPUCIN.
Nous
relevons sur le Registre d' État Civil de la commune des Avanchers-Valmorel,
l'inscription suivante : « Le douze du
mois de mars de l'année mil huit cent vingt cinq vers les quatre heures du
matin est né Michel fils des mariés Jean-Pierre Rey-Golliet et Andréaz Rey et
le même jour il a été baptisé à Doucy par Rd Chevalier, Archiprêtre. On lui à
donné pour parrain et marraine Michel Rey et Alisabeth Costerg [épouse de ce
dernier].
signé« Bermond Recteur attestant »
( la mention entre crochets est rayée ).
Comme
Avancherain, Michel Rey-Golliet est vrai-semblablement un cousin éloigné car
une de nos ascendante, porte le même patronyme. C'est, : Marie –-53, baptisée le
01.12.1738 (1).
L'encadré
ci-contre reproduit le texte d'une plaque fixée sur la façade d'une maison
placée le long de la voie principale du chef-lieu.
La
première information nous intrigue. En effet, si Michel est né dans la maison
en question, il a été, d'après l'Etat Civil, baptisé le même jour à Doucy la
paroisse voisine. Au mois de mars, parcourir la distance de quatre ou cinq
kilomètres, séparant le chef-lieu des Avanchers, de Doucy,
avec un nouveau-né semble bien risqué. Nous faisons l'hypothèse que
Andréaz Rey a mis au monde, Michel, à Doucy. Les auteurs du texte de la plaque,
ont recherché, sous une forme quelque peu grandiloquante, une cohérence avec
son origine paroissiale, devenue patronyme, avec l'appartenance « des Avanchers » qu'il portera
fréquemment dans sa vie d'exception.
En
1842, Michel entre au noviciat des Pères Capucins (2) à

Texte
gravé et doré
sur la plaque de
marbre vieilli.
(1)
ASPORD, 2005, Tableau des Baptêmes p. 31.
(2)
L'Ordre des Frères mineurs Capucins ( OFM Cap) est une branche des Franciscains, disciples de Saint
François d'Assise.
(3) Le «profès» est le religieux qui a
fait profession, c'est à dire promesse publique et religieuse, par laquelle il
s'engage dans l'état religieux.
(4)Le titre «Frère » est officiel pour un grand nombre d'Ordres, de Congrégations et d'Instituts religieux.
-47-
Annexe 4 –
UN AVANCHERAIN HORS DU COMMUN
4.2. MISSIONNAIRE CAPUCIN, IL
S'APPROCHE DU PEUPLE GALLA ( Voir page50)
Il
part en 1849, pour atteindre le peuple Galla en Abyssinie, arrive en avril 1850
à Massawah, port africain de la mer Rouge. Il y trouve Mgr Massaja, religieux
de son Ordre (5).Tous deux se dirigent sur Aden. Le Père Léon y exerce d'abord
son ministre puis, « par ordre de Mgr, il visite la côte africaine du
Golfe d'Aden, Zeyla, Bulhar, Berbéra, afin d'étudier une voie » (6) d'accès
du peuple Galla.
4.3. LE PÈRE
LÉON EST L'INITIATEUR D'UNE
MISSION CATHOLIQUE AUX SEYCHELLES.
«Au mois de novembre 1850, le brick
"Joséphine Loiseau"venant des Seychelles, arrive à Aden. Son
capitaine Labury en visite à la mission du port arabe, rencontra un capucin
savoyard, le Père Léon des Avanchers.[....]
Quand le capitaine Labury eut dépeint l'état de détresse dans lequel se
trouvait la population seychelloise au point de vue religieux et qu'il eut
démontré combien elle serait désireuse de posséder un prêtre catholique ,le P.
Léon s'offrit immédiatement à l'accompagner.» (7). Avec le consentement de son supérieur et des
autorités romaines il rejoint le bâtiment seychellois en cours de chargement à
Berbera, port de la péninsule des Somalies. Le Père Léon instruisit l'équipage
en donnant, chaque soir des leçons de catéchisme aux marins.
Le
1er mars 1851, le brick touche Mahé et l'arrivée du missionnaire
produit, enthousiasme et joie dans la population. Par contre, les autorités dépendant
de la couronne britannique, ne pouvaient autoriser un étranger à évangéliser
les habitants. Après trois semaines de fatigues et d'oppositions, le Père Léon
doit rembarquer sur le brick «Joséphine Loiseau». Il essaie, en vain,
d'intervenir auprès des autorités anglaises de l'Océan Indien mais le droit
d'habiter aux Seychelles lui est refusé.

ABYSSINIE....ILES SEYCHELLES
(5) Mgr Massaja, Vicaire apostolique des Pays
Galla, mort cardinal à Rome, a écrit en un grand ouvrage illustré, les récits
de ses longues années de mission en Abyssinie. L'ouvrage est intitulé : « I mei trentacinque anni di missione nell
Alta Etiopia » [ Bellevaux (R.P. Eugène
de) Nécrologie, p 322.
(6) Bellevaux ( R .P .Eugène
de), p 322.
(7) Les Seychelles , p.92-95
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ADEN....BOMBAY....INDORE....CALCUTTA....
4.4. LE PÈRE
LÉON DES AVANCHERS, ENVOYÉ AUX INDES.
Après
son échec dans l'Océan Indien, commence
pour le Père Léon une période où les actions de ses opposants sont
nombreuses. Lui interviendra sans résultat à Londres. Par contre il recevra les
encouragements de hautes personnalités : le pape Pie IX et la reine Victoria.
En
juin 1852, le voila à nouveau à Aden. De là, il apprend que
4.5.RETOUR
AUX SEYCHELLES
Le
20 septembre 1853, deux Pères capucins, Jérémie de Paglietta et Théophile,
débarquent aux Seychelles. Le Père Léon les y rejoint quelque temps après. Le
Père Jérémie, préfet apostolique, le place à Anse aux Pins où il construit un
lieu de culte ainsi qu'à Anse Royale. Le dernier, édifié sans autorisation des
responsables civils, provoque chez ces derniers de nombreux tiraillements (
Nov. 1854)..
« A Bombay, il rencontre Mgr Hartman,
capucin suisse, pionnier missionnaire comme lui. [En route vers la mission, de l'agglomération ] d'Indore, il revient à Bombay avec un malade
français. [ Il se rend ensuite, en janvier 1853 à Calcutta et avec l'accord
de l'évêque d'Agra ] il y remplace
quelques prêtres malades, ouvre une chapelle à Midnopoar et dessert la station de Chinsurah.
A la veille de repartir pour Agra,
«Au début de l'année 1855, la [Sacrée Congrégation pour la ] Propagande accorde au
Père Léon la faveur de quitter les Seychelles. Elle lui conseille [dans un premier temps] d'aller à Agra, puis lui demande de venir à
Rome afin d'exposer son plan d'une nouvelle fondation sur la côte orientale de
l'Afrique, où il y avait 150000 catholiques (10)».
(8)
(9) Les Seychelles, p.97
(10) Les Seychelles, p 101 – 102 .
-49-
4.6.LE PÈRE LÉON, ÉCRIT A CAVOUR (11).
En
février 1858, il part pour l'Abyssinie, de Zanzibar. Il envoie des
renseignements à Cavour, sur ce pays, au titre vraisemblablement de
correspondant de
projet
de fondation de colonie, sur une province des États voisins de
4.7. LE PÈRE LÉON, CHARGÉ DES MISSIONS DE GUÉRA PUIS DE KAFFA, AU PAYS GALLA
« Au printemps 1859, il arrive dans la
chrétienté de Lagamara, [ sous la
responsabilité du ] Père Félissime. A Paques il rejoignit Mgr Massaja
à Kaffa et s'occupa avec lui, d'y instruire les chrétiens, sans prêtre depuis
des siècles.
Vers la fin de 1860, il fut chargé de la
mission de Guéra.
En 1861, notre missionnaire put grâce à
son influence sur le roi de Guéra, sauver de la mort Mgr Massaja chassé de
Kaffa (14). La charge de cette dernière mission vint s'ajouter pour le Père
Léon, pour un temps, à celle de Guéra.
Entre temps, il travaillait à la
traduction des Livres Saints et à la composition de quelques ouvrages de piété.
Il faisais exécuter, pour le roi de Guéra, des ouvrages en fer et en
particulier un trône, objet d'admiration dans la contré ce, qui lui vaut la
protection, du roi, pour les chrétiens. En 1868, la santé du Père était très
atteinte. En 1869, il était mis en prison sous un prétexte futile, par le roi
de Guéra. [....] Quelque temps après [ce dernier ]meurt laissant le trône à un enfant de 7 ans, sous la tutelle de sa
mère Gamaïti.
De
1874 à 1878, notre missionnaire a la responsabilité des chrétiens des deux
royaumes de Kaffa et
de
Guéra, après les décès successifs de ses deux confrères voisins. Vers la fin juillet 1879, le père Léon fut
appelé par la reine Gamaïti, sous le prétexte de réparations à faire au trône
de son mari. Elle lui offrit un rafraîchissement empoisonné. Il meurt à
Affalo dans la nuit du 31 juillet au 1er
août (15).

4.8.
Pour
sa vie missionnaire, le Père Léon Rey-Golliet parcourt, avec les moyens
maritimes du XIXe siècle, dix ans avant l'ouverture du canal de
Suez, des distances énormes.
Dans
une de nos sources utilisées pour retrouver son histoire, il est décrit comme
un religieux à longue barbe, vêtu d'une robe de bure, chaussé de sandales, un
bâton à la main(16), figurant ainsi, l'image habituelle d'un capucin.
Pour
conclure ici, nous rapportons la présentation que nous a fait de lui, Mgr Baronnet, évêque des Seychelles : « un homme intelligent, courageux que les
contra-dictions et oppositions, les dangers ne désarmèrent pas. Il eut
d'ailleurs une fin assez tragique» (17).
(11) Cavour, homme d'Etat piémontais
(1810-1861), artisan de l'unité italienne, autour de
(12) Bellevaux ( Eugène de ),
p.323.
(13) Battaglia ( Roberto), p 63.
(14) Bellevaux ( Eugène de ), p.323.
(15)Bellevaux ( Eugène de ), p.324.
(16)Les Seychelles, p.93.
(17)Baronnet ( Xavier ), 1999.
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