G.2.2.2.Pierre Aspord au
Dahomey.
Il
y arrive le 28 Octobre
Le
Père Aspord est cité comme aumônier militaire à
Cotonou, sur un document qui dresse un abrégé de sa vie (7).
On
pourrait dire, comme certains que les missionnaires arrivaient avec les bagages
des colonialistes. Remarquons que dans le cas présent, ca n'est pas
exact car deux missionnaires catholiques étaient arrivés trente
ans, plus tôt à Ouidah, en Avril 1861. Depuis lors, le fort
portugais y servait de point de départ des évangélisateurs
du Dahomey..
G.2.2.2.1.Les stations
où le Père intervient.
Son
action de jeune missionnaire commence à Topli avec les Pères Dorgère
et Tessier. Nous n'avons pas trouvé ce lieu sur nos cartes mais il
s'agit vraisemblablement d'un endroit où ils pouvaient desservir
Athiémé ( voir page 67).
Il
y sera sept mois en 1894 et
En
1898, il est Supérieur à Grand Popo (8). Il y entreprend la construction d'une maison
pour la résidence des missionnaires. En 1900 et 1901, une école
à Adjara et la sacristie à Grand Popo. En 1905, il conduit
l'allongement de la chapelle et en 1908, à nouveau une construction,
celle de la maison des Sœurs à Agoué et en 1909, celle des
Sœurs à Cotonou..
G.2.2.2.2. Fragments de vie
du missionnaire.
Nous
donnons en premier lieu, un aperçu de son environnement et en second, de
ce qu'il vit.
Avec
le climat : Il est tropical ; la
saison des pluies va de mai à juillet .« Il pleut continuellement à Cotonou » écrit-il
sur sa lettre du 21 Juin 1895. En saison sèche, la température se
situe de 24 à 30°.
Avec
la santé : Les conditions de
vie sont sévères et plusieurs fois est nommée la bilieuse
( [7]
). Le Père Aspord, lui même, cite une jaunisse "à peu près partie"
(lettre
du 07 mai 1895) puis "à peu
près guérie" le 15. Les maladies entraînent des
retours prématurés en France mais aussi des morts nombreuses dans
les rangs missionnaires : six sur une lettre d'Agoué du 18.05. 95 et celle du Préfet apostolique
(lettre du 22. 06.1895).

Fort portugais de Ouidah (10).

Repères historiques
pour le Dahomey (11)
(7)
Archives des Missions Africaines, AMA 3G27.
(8) Les produits tropicaux étaient vendus
aux Portugais par les locaux.. Ces derniers etaient appelés Popo, par
les Portugais, c'est à dire pêcheurs. Des villages de cette côte,
ils sont pratiquement les seuls pêcheurs en mer de Guinée,
capables d'affronter la barre avec leurs pirogues. ( Source : Guide du
Bénin, p; 128 ).
(9) Maladie grave des pays tropicaux, la bilieuse
est une affection fébrile qui n'est peut être qu'une forme
allergique du paludisme et qui se traduit par de l'ictère, des
vomissements et de l'hémoglominurie ( Source : Grand Larousse Universel
/ Tome 2 / p. 136 ).
(10) Ce fort a été le siège du Vicariat, confié
au Préfet apostolique jusqu'en 1960.
(11) L'origine du mot Dahomey ( Dan
Homé = dans le ventre de Dan) repose sur le mythe fondateur de la
case de Houessou, futur roi d'Akaba d'Abomey.
-66-
G2.2.2.2. Fragments de vie du
missionnaire (suite).
Les
stations où le Père Aspord se consacre à sa mission, sont
situées sur le littoral, nous venons de le relever.
La
dépendance maritime des
étrangers à ce littoral est très nette. Leur
approvisionnement est rythmé par l'arrivée des bateaux à
vapeur, des steamers nommés par exemple, " l'Amérique",
"le Stromboli". Ils débarquent sur le Warf de Cotonou (12)
leur chargement qui sera ensuite stocké dans des
magasins–comptoirs qui existent à Grand-Popo, Ouidah,
Abomey-Calavi.
(
Cités sur la lettre du 22 janvier 1900 ).
Par ces bateaux arrivent et
partent les missionnaires. C'est également par mer qu'avec pirogue, sont
assurées des déplacements de proximité, pour les
Pères entre autres ( lettre du 07 mai 1895 ) dont le courrier. Les
jeunes canotiers sont appréciés car, piroguiers et pirogues sont
très sollicités.
Flashs
sur l'activité pastorale du Père Aspord..
Il
cite certaines messes qu'il célèbre. C'est le cas pour celle à la mémoire du
Préfet apostolique (28.06.1895),
et
celle pour un mariage à incidence "diplomatique".
A
Cotonou, il enseigne le catéchisme et le français à une
vingtaine de garçons (21 juin 1895). Dans sa correspondance, il est
parfois question de jeunes africains. Sont cités Ignatio, Paul, qui a
été en France, – un piroguier- Amoussa, François
pour son mariage et Eusébio devenu maître d'école à
Ouidah.
Adressée
au Père Dorgère, son premier confrère - qui doit
être isolé dans la brousse - cette correspondance le tient au
courant des mouvements d'arrivants, de partants, des nouvelles concessions
obtenues par le Préfet ( 21.06.1895), des essais d'agriculture au nord
d'Athémé (café, manioc, maïs) et de la distillation
d'igname.
Le Père Aspord, un
entrepreneur de bâtiment .
Comme on l'a vu sur la page
précédente, il
conduit six constructions en onze ans, de 1898 à 1909. Dans le
détail, il se montre rigoureux avec les dépenses engagées.
Le transport par voie d'eau, de 45.000 briques et de cinq barils de chaux est
caractéristique. L'écart entre le prix convenu et le service
réel apporté, le conduit à s'affronter avec le
transporteur. L'Administrateur de Ouida et le Préfet apostolique sont
saisis de l'incident et réussissent à éviter une
confrontation devant le Juge de Paix.
Les
relations du Père avec l'Administration.
Elles
sont parfois tendues avec l'Administrateur du "Mono", le secteur du littoral.
C'est le cas au sujet du mariage civil, préalable au mariage religieux,
pour un certain François.
Elles
sont, par contre, très bonnes avec le Gouverneur du Dahomey qui demande,
ceci est un exemple, la création d'une station missionnaire à
Abomey.

Le Père Pierre ASPORD
SMA de 1893 à 1911.

Sud du Dahomey avec quelques agglomérations du
littoral.
(12) Le Warf de Cotonou a été mis en service en
-67-
G.2.2.2.2.Fragments de vie du
missionnaire (suite).
Le
Père Aspord et son supérieur le Vicaire apostolique L. Dartois. Leurs relations sont, dans certains cas, tendues,
quand l'état des finances oblige le Vicaire à contrôler par
le menu détail, les comptes de la station de Grand Popo.
Le
Père Louis Dartois fait preuve de beaucoup de tact dans les relations
avec les autorités civiles françaises ce qui arrondi les angles
avec elles car le Père P. Aspord semble, lui, ne pas s'embarrasser de
trop de diplomatie.
Des
retours en France
En
1899, après cinq ans et demi de mission, le Père Aspord rentre en
France quelques semaines pour rétablir sa santé.
En
1903, à nouveau il vient dans l'hexagone pour se soigner mais en 1910, sept ans plus tard
à quarante ans, après dix-sept ans au Dahomey, c'est malade,
qu'il revient en France, avec la santé minée par l'environnement
tropical. Il séjourne un temps au sanatorium de "
En
1911, il quitte
G.2.2.3
– Pierre Aspord, prêtre diocésain.
Ses
démarches le conduisent à être rattaché au
Diocèse de Montpellier où il sera Vicaire auxiliaire à
Ganges le 23 février 1911. Le 23 Juillet de la même année,
il est nommé Curé de Madières.
Deux
ans après, le 27 juillet 1913, il devient Curé de
Vacquières où il exercera jusqu'en 1938 soit vingt-cinq ans. Il
se retire alors du service diocésain et va résider à
Aigueblanche (14). Il y décède le 23 mars 1941. Sa tombe voisine
la croix centrale du cimetière des Avanchers.
G.2.2.4. Fragments de la
vie familiale du Père Aspord
Alors,
Curé de Vacquières, il accueille, un hiver, son filleul, Paul mon
père qui devait avoir quinze où seize ans. Il lui fait travailler
son Français. Je puis témoigner du résultat excellent de
cette formation.
En
1920, il est présent au mariage de tante Amélie (15).
En
1931, venu à l'Exposition coloniale à Paris, il rend visite
à son filleul et à sa famille. J'ai le souvenir « d'un
grand Monsieur, tout en noir ». J'avais six ans.
G.2.2.5.
Fragments où le Père Aspord est cité.
Dans
les années vingt, il fait un don pour la peinture du chœur de
l'Église Saint André aux Avanchers,
(
Cf. supra F.2.1. page 52 ).
En
1936, un Père de
Extrait
de la photo du cortège du
mariage de Prudent Simille et de
tante Amélie en 1920 Le Père Pierre Aspord apparaît,

discrètement, entre les deux mariés.
(13)
Situé vraisemblablement dans la province lyonnaise.
(14) Évêché de Montpellier / Semaine religieuse /
Rubrique de nécrologie pour 1941.
(15) ASPORD,
(R.), 2005, pages 34 et 35.
-68-